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Bivouac en montagne : réglementation des parcs nationaux et conseils pratiques

Tente dôme verte installée au bord du lac de Crop, dans le massif de Belledonne, au coucher du soleil

Photo : Juliette G. / Unsplash

En bref

En France, le bivouac (une seule nuit, petite tente montée le soir et démontée le matin) est en général autorisé en montagne, mais encadré dans les parcs nationaux : souvent de 19 h à 9 h, à plus d’une heure de marche d’une route ou de la limite du cœur. La Vanoise l’impose près des refuges gardés, les Calanques et Port-Cros l’interdisent, le GR20 le limite aux aires des refuges.

À retenir
  • Le bivouac se distingue du camping : une nuit, une tente légère ne permettant pas de se tenir debout, montée le soir et démontée le matin.
  • Dans les cœurs des parcs des Écrins, du Mercantour et des Pyrénées, il est autorisé de 19 h à 9 h, à plus d’une heure de marche d’un accès routier.
  • En Vanoise, le bivouac n’est permis qu’en été, sur les zones dédiées près des refuges gardés, de 19 h à 8 h et sur réservation.
  • Le bivouac est interdit dans le cœur des parcs nationaux des Calanques et de Port-Cros, et limité aux aires des refuges sur le GR20.
  • Les feux de camp sont interdits dans les cœurs de parc ; les chiens y sont interdits en Vanoise, dans les Écrins, le Mercantour et les Pyrénées.
Sommaire
  1. Bivouac ou camping sauvage : quelle différence ?
  2. Quelles sont les règles du bivouac dans les parcs nationaux ?
  3. Et en dehors des parcs nationaux ?
  4. Comment choisir son emplacement de bivouac ?
  5. Quel matériel prévoir pour un bivouac en montagne ?
  6. Comment bivouaquer sans laisser de trace ?
  7. Quelles précautions de sécurité pour une nuit en montagne ?
  8. Ce qu’il faut retenir avant de partir

Dormir sous tente près d’un lac d’altitude, voir le soleil se lever sur les sommets avant l’arrivée des premiers randonneurs : le bivouac attire chaque été davantage de marcheurs. Cette popularité a un revers. Dans le parc national des Écrins, la pratique a environ doublé entre 2021 et 2025, et 215 tentes ont été relevées une même nuit au lac de la Muzelle en 2025.

Résultat : les règles se durcissent et diffèrent d’un massif à l’autre. Horaires, distance aux routes, zones interdites, feux, chiens : ce guide de la rédaction fait le point, parc national par parc national, sur la réglementation en vigueur à l’automne 2026, puis donne les conseils pratiques pour choisir son emplacement, s’équiper et repartir sans laisser de trace.

Les règles évoluent presque chaque saison. Avant de partir, vérifiez toujours la page « réglementation » du parc ou de la réserve concernés et l’affichage aux entrées de sentier.

Bivouac ou camping sauvage : quelle différence ?

Le bivouac est une halte d’une seule nuit, avec une tente légère montée le soir et démontée le matin, ou sans tente du tout. Il n’existe pas de définition unique dans la loi française, mais les parcs nationaux convergent : le parc national de la Guadeloupe le définit comme « le passage d’une nuit sur un site, dans une tente où l’on ne peut tenir debout ».

Le camping sauvage, lui, suppose une installation qui dure plusieurs nuits au même endroit, avec un matériel plus volumineux (grande tente, auvent, véhicule). Il est interdit dans tous les cœurs de parcs nationaux, alors que le bivouac y est souvent toléré sous conditions.

Hors espaces protégés, le camping pratiqué isolément relève du code de l’urbanisme. Il est interdit notamment sur les rivages de la mer, dans les sites classés et dans un rayon de 200 mètres autour des points d’eau captés pour la consommation. Le maire peut aussi l’interdire par arrêté, à condition de l’afficher en mairie et à l’entrée des zones concernées. Sur un terrain privé (alpage, forêt privée), l’accord du propriétaire reste indispensable.

Quelles sont les règles du bivouac dans les parcs nationaux ?

La France compte onze parcs nationaux, et chacun fixe ses propres règles pour son cœur, la zone la plus protégée. L’aire d’adhésion, autour, n’est pas soumise à ces restrictions spécifiques. Le tableau ci-dessous résume les règles de base ; les détails suivent.

Parc national (cœur)BivouacHorairesDistance / lieuChiens
VanoiseAutorisé près des refuges gardés uniquement19 h – 8 hZone dédiée, sur réservationInterdits
ÉcrinsAutorisé19 h – 9 hPlus d’1 h de marche d’une route ou de la limite du cœurInterdits
MercantourAutorisé19 h – 9 hPlus d’1 h de marche de la limite du cœur ou du dernier accès motoriséInterdits
PyrénéesAutorisé19 h – 9 hPlus d’1 h de marche des routesInterdits
CévennesAutorisé, une nuit19 h – 9 hÀ proximité d’un sentier baliséEn laisse
CalanquesInterdit——En laisse
Port-CrosInterdit——Restreints au village
GuadeloupeAutorisé, une nuit—Plus d’1 h de marche des axes routiersInterdits
La RéunionAutorisé sauf secteurs exclusSoir – matinHors secteurs interditsAdmis

Vanoise : uniquement près des refuges

Le parc national de la Vanoise est le plus restrictif des parcs alpins. Le bivouac n’y est autorisé qu’en période estivale, sur une zone dédiée à proximité des refuges lorsqu’ils sont gardés, à une distance de 10 à 200 mètres selon les sites. La tente doit être légère, sans possibilité de s’y tenir debout, installée de 19 h à 8 h. La réservation auprès du refuge est obligatoire, les places étant limitées, et la nuitée coûte au maximum 6 € par personne. Pour préparer un itinéraire, voir notre sélection des plus belles randonnées du parc national de la Vanoise.

Écrins : un nouvel arrêté en 2026

Dans les Écrins, l’arrêté n°148/2026 du 16 juin 2026, rectifié le 6 juillet 2026, encadre désormais le bivouac en cœur de parc. La tente, de petite taille et sans station debout, est montée après 19 h et démontée avant 9 h (sauf intempéries), à plus d’une heure de marche des parkings, des routes et de la limite du cœur, avec deux exceptions : le Pré de la Chaumette et le refuge de l’Olan.

L’arrêté limite le bivouac à une seule nuit consécutive par site et l’interdit sur les secteurs signalés comme fragiles (zones humides, rives de lacs, zones de tranquillité de la faune). Aux lacs du Lauvitel et de la Muzelle, il n’est possible que dans les périmètres balisés, l’arrêté fixant une distance de 500 mètres des rives en dehors de ces zones. Seul le réchaud à gaz est admis.

Mercantour : attention à la vallée des Merveilles

Dans le cœur du Mercantour, le bivouac est permis entre 19 h et 9 h, à plus d’une heure de marche de la limite du cœur ou du dernier accès autorisé aux véhicules. Dans les vallées des Merveilles et de Fontanalba, protégées pour leurs gravures rupestres, il n’est possible que sur des aires précisément délimitées près des refuges des Merveilles et de Fontanalba. Les feux sont interdits ; le réchaud est toléré à plus de 200 mètres des lisières forestières. Le parc rappelle que les infractions peuvent être punies d’une amende allant jusqu’à 1 500 €.

Pyrénées et Cévennes

Le parc national des Pyrénées autorise le bivouac de 19 h à 9 h, matériel entièrement démonté à l’heure dite, à plus d’une heure de marche des routes. Les animaux de compagnie n’y sont pas admis, même en laisse. Hors cœur de parc, des arrêtés municipaux peuvent s’ajouter : en 2021, le bivouac a par exemple été interdit autour du lac Gentau, au pied du pic du Midi d’Ossau.

Dans les Cévennes, la charte autorise le bivouac pour les randonneurs non motorisés, pour une nuit, de 19 h à 9 h, avec une tente ne permettant pas la station debout ou sans tente, à proximité d’un sentier balisé. Le parc peut l’interdire sur certaines zones pour protéger les espèces ou la quiétude des lieux.

Calanques, Port-Cros, outre-mer

Dans le cœur du parc national des Calanques, bivouaquer et camper sont interdits par tout moyen, tout comme faire du feu, fumer ou utiliser un réchaud à gaz. Le parc indique des amendes de 68 € par personne pour le bivouac et de 135 € pour le feu. À Port-Cros et Porquerolles, la règle est la même : ni camping, ni bivouac, ni feu ni cigarette hors du village.

En Guadeloupe, le camping est interdit en cœur de parc, mais le bivouac y est autorisé à plus d’une heure de marche des axes routiers. À La Réunion, le bivouac est admis dans le cœur, sauf dans la forêt de Mare Longue, à Grand Bassin, dans la rivière des Remparts et dans les falaises du Piton des Neiges et du Grand Bénare. Les tentes et hamacs sont montés en fin de journée et démontés dans la matinée ; le feu n’y est permis que sur un réchaud ou sur les places à feu maçonnées aménagées.

Et en dehors des parcs nationaux ?

Hors parcs nationaux, le bivouac reste possible en montagne, mais les réserves naturelles et certains départements ont leurs propres règles. Les parcs naturels régionaux (Vercors, Chartreuse, Bauges, Queyras…) ne disposent pas d’une réglementation comparable à celle des cœurs de parcs nationaux : ce sont les réserves, les communes et les propriétaires qui fixent les interdictions.

Petite tente grise et orange plantée sur un replat rocheux sous les sommets enneigés des Aiguilles Dorées, en Suisse
Photo : Milan Malfait / Unsplash

Corse : les aires du GR20

Sur le GR20, géré par le Parc naturel régional de Corse, il est interdit de planter sa tente en dehors des zones de bivouac aménagées autour des refuges. La réservation est obligatoire pour toutes les formules, bivouac compris, et ces aires suivent le calendrier de gardiennage des refuges (du 16 mai au 4 octobre en 2026). Le tarif annoncé pour 2026 tourne autour de 12 € la nuit ; il se vérifie au moment de réserver. Pour préparer la traversée, lisez nos conseils pour randonner sur le GR20.

Réserves naturelles alpines

Dans la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors, le bivouac est autorisé de 17 h à 9 h : la tente est montée le soir et démontée le matin. Le feu y est interdit (réchaud admis) et les chiens n’y sont pas acceptés, même en laisse, car ils dérangent bouquetins, marmottes et tétras-lyres.

En Haute-Savoie, le bivouac est interdit sur la voie normale du Mont-Blanc depuis l’arrêté de protection du site entré en vigueur fin 2020, sauf situation de détresse. En juin 2026, des arrêtés préfectoraux ont aussi durci les règles dans plusieurs réserves naturelles : aux Contamines-Montjoie, le bivouac est interdit en dessous de 2 500 m d’altitude entre le 15 juin et le 15 septembre, et dans les Aiguilles Rouges, le vallon de Bérard ou à Carlaveyron, il est limité à des zones précises, avec réservation. Les détails se vérifient auprès de la préfecture et des gestionnaires des réserves.

Comment choisir son emplacement de bivouac ?

Un bon emplacement est plat, abrité du vent, hors des zones exposées et suffisamment éloigné de l’eau. Repérez-le sur la carte IGN avant de partir, puis confirmez sur place avec un plan B en cas de mauvaise surprise.

  • Sécurité : évitez les fonds de talwegs et les lits de torrents (crues soudaines en cas d’orage), le pied des pentes raides (chutes de pierres) et les crêtes et sommets exposés à la foudre.
  • Distance à l’eau : le Leave No Trace Center recommande de s’installer à environ 60 mètres (200 pieds, soit 70 pas environ) des lacs et des torrents, ce qui protège aussi les berges, souvent classées sensibles dans les parcs.
  • Sol durable : préférez un replat déjà dénudé, une pelouse rase ou un sol caillouteux plutôt qu’une prairie humide ou fleurie.
  • Troupeaux : tenez-vous à l’écart des parcs de nuit des brebis et des chiens de protection ; voir comment cohabiter avec les patous en montagne.
  • Discrétion : un seul petit groupe, peu de bruit et une lumière faible limitent le dérangement de la faune nocturne.

Quel matériel prévoir pour un bivouac en montagne ?

Le matériel de bivouac doit être léger, compact et adapté au froid nocturne, même en plein été : en altitude, les nuits peuvent descendre près de 0 °C. La plupart des règlements imposent en outre une tente ne permettant pas de se tenir debout.

Randonneur assis dans sa tente face aux montagnes enneigées près du lac de Peyre, au Reposoir (Haute-Savoie)
Photo : Nicolas Meunier / Unsplash
ÉquipementÀ retenir
Tente1 à 2 places, autoportante ou à haubans courts, montage rapide ; un tarp ou une bivy sont des alternatives plus légères
Sac de couchageTempérature de confort proche de 0 °C pour l’altitude en été
MatelasIsolant (indice R suffisant), le froid venant surtout du sol
RéchaudGaz ou alcool, utilisé sur sol minéral, à l’écart des herbes sèches et de la tente
EauFiltre ou pastilles : l’eau des torrents peut être contaminée par les troupeaux
ÉclairageLampe frontale avec piles de rechange
DéchetsSacs pour tout redescendre, y compris le papier toilette

Pour choisir l’abri, consultez notre guide sur la tente pour une randonnée de plusieurs jours ; pour l’éclairage, voir comment choisir une lampe frontale de randonnée.

Comment bivouaquer sans laisser de trace ?

Le bivouac responsable repose sur les sept principes Leave No Trace, largement repris par les parcs français : préparer sa sortie (météo, réglementation), marcher et camper sur des surfaces durables, gérer ses déchets, laisser ce que l’on trouve, limiter l’impact du feu, respecter la faune et respecter les autres usagers.

  1. Déchets : tout redescendre, y compris les restes alimentaires. À La Réunion, le parc rappelle que les déchets biodégradables favorisent la prolifération des rats, qui menacent les oiseaux et plantes indigènes.
  2. Besoins naturels : creuser un trou de 15 à 20 cm de profondeur, à environ 60 m de l’eau, du sentier et du campement, et remporter le papier toilette dans un sac.
  3. Vaisselle : laver loin des points d’eau, sans savon ou avec très peu, et disperser l’eau filtrée.
  4. Feu : pas de feu de camp ; un réchaud suffit pour cuisiner et se réchauffer.
  5. Départ : tente démontée à l’heure, herbe redressée, aucun aménagement de pierres laissé sur place.

Quelles précautions de sécurité pour une nuit en montagne ?

La sécurité d’un bivouac se joue avant le départ, avec la météo. Consultez le bulletin montagne de Météo-France la veille et le matin même : un orage nocturne en altitude expose à la foudre, à la grêle et aux crues soudaines. En cas de doute, renoncez ou choisissez un refuge.

  • Laissez votre itinéraire et votre lieu de bivouac prévu à un proche, avec une heure de retour.
  • Emportez une batterie externe : le réseau est souvent absent, mais le 112 peut passer par un autre opérateur. Les secours en montagne sont assurés par le PGHM (gendarmerie) ou les CRS montagne selon les secteurs.
  • Prévoyez des vêtements chauds et une couche imperméable même pour une nuit d’août.
  • Repérez à l’avance un abri de repli (refuge, cabane) en cas de dégradation.

Notre article sur la conduite à tenir face à un orage en randonnée détaille les gestes à adopter si le temps tourne pendant la nuit.

Ce qu’il faut retenir avant de partir

Le bivouac reste l’une des plus belles façons de vivre la montagne, mais il n’est plus une pratique libre partout. Dans la plupart des cœurs de parcs nationaux alpins et pyrénéens, la règle de base est la même : une nuit, de 19 h à 9 h, à plus d’une heure de marche de la route, sans feu ni chien. La Vanoise, la Corse et plusieurs réserves de Haute-Savoie imposent désormais des zones dédiées, parfois sur réservation, tandis que les Calanques et Port-Cros l’interdisent.

Avant chaque sortie, la rédaction recommande de consulter la réglementation du parc ou de la réserve, de vérifier la météo et de prévoir une alternative en refuge. Bien préparé, un bivouac discret ne laisse aucune trace, sinon de bons souvenirs.

Questions fréquentes

Le bivouac est-il légal en France ?

Oui, aucune loi nationale n’interdit de passer une nuit sous tente en montagne, à condition de respecter les interdictions locales. Le camping isolé est interdit notamment sur les rivages de la mer, dans les sites classés et près des captages d’eau potable, et les maires peuvent l’interdire par arrêté. Sur un terrain privé, l’accord du propriétaire est nécessaire. Les parcs nationaux et réserves naturelles fixent leurs propres règles.

Quelle est la différence entre bivouac et camping sauvage ?

Le bivouac désigne une halte d’une nuit, avec une tente légère montée le soir et démontée le matin, ou sans tente. Le camping sauvage implique une installation qui dure plusieurs jours ou un matériel plus lourd. Dans les cœurs de parcs nationaux, le camping est interdit alors que le bivouac y est souvent toléré sous conditions.

À quelle heure peut-on monter sa tente dans un parc national ?

Dans la plupart des parcs nationaux de montagne (Écrins, Mercantour, Pyrénées, Cévennes), la tente peut être montée à partir de 19 h et doit être démontée avant 9 h. En Vanoise, la plage horaire va de 19 h à 8 h, sur les zones dédiées près des refuges. Dans la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors, le bivouac est autorisé de 17 h à 9 h.

Peut-on bivouaquer avec son chien en montagne ?

Pas dans les cœurs des parcs nationaux de la Vanoise, des Écrins, du Mercantour et des Pyrénées, ni dans la réserve des Hauts-Plateaux du Vercors : les chiens y sont interdits, même tenus en laisse. Ailleurs, le chien doit rester attaché, surtout près des troupeaux gardés par des patous. Le parc national de La Réunion admet les chiens.

Peut-on faire du feu en bivouac ?

Non dans les cœurs de parcs nationaux et dans la plupart des réserves : seul le réchaud est admis, et il est même interdit dans le parc national des Calanques. En forêt, l’emploi du feu est encadré par arrêté préfectoral, souvent renforcé en été en raison du risque d’incendie.

Sources et liens utiles

Article rédigé et mis à jour par la rédaction de Randonnée Montagne à partir de sources publiques (offices de tourisme, parcs, fédérations, données fabricants). Les conditions en montagne changent vite : vérifiez toujours la météo, l’état des sentiers et la réglementation locale avant de partir. Notre charte éditoriale.